• Il s'agit, en fait, de la bande originale d'un film sorti en 1980 : "Je vous aime" avec Catherine Deneuve. D'ailleurs, dans la chanson, celle-ci donne la réplique au chanteur. En fait, les deux protagonistes alternent 8 fois un couplet, dont les deux derniers sont la répétition du cinquième et du sixième. Chacun d'entre eux se compose de 4 phrases (ou morceaux de phrases), ce qui fait que, structurellement, le texte est très régulier, d'autant que ceux qui le chantent prennent bien le temps de laisser à l'auditeur le plaisir de savourer les mots. Et, pour le coup, ce genre de prononciation se prête parfaitement à l'ambiance que laisse imaginer le contenu. Cela présente deux amoureux, qui - probablement - sont épris l'un de l'autre de manière intime, puisque la femme a déjà pu faire le tour de la question, concernant son homme. Elle l'a déjà jugé, et a compris que son unique talent (si l'on peut dire) est d'absorber la fumée de ses cigarettes : "tu n'es qu'un fumeur de gitanes" est une façon de parler plutôt réductrice. Si bien que l'on peut déceler de l'agacement, qui devient patent avec "aime-moi, nom de Dieu" Cette réaction est d'autant plus compréhensible que le mâle est parfaitement conscient de sa conduite dangereuse, et "que la fumée envoie au paradis". C'est pourquoi il implore le pardon de sa compagne. Tout se passe, en fait, comme si le tabac était devenu, dans le cas présent, le grain de sel qui va gripper la machine conjugale. Mais que faire ? On ne peut pas choisir entre l'addiction qui est la nôtre et l'amour. En tant qu'être humain, on est accroc, le plus souvent, aux relations charnelles avec nos congénères, au point de ne pas pouvoir vivre confortablement sans. D'un autre côté, on sait bien que la dépendance chimique est trop souvent impossible à combattre. Alors, la seule solution qui nous reste est d'accepter l'inacceptable.

    Considérez-vous que "Dieu fumeur de havanes" est incontournable ?


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  • Il ne sert à rien de tourner autour du pot : cette chanson semble parler de chômage (une erreur n'est jamais impossible). Pour pouvoir atteindre l'objectif fixé, c'est-à-dire fournir un point de vue supplémentaire sur cette période d'inactivité, on se sert d'un texte constitué de trois couplets, dont le premier et le dernier sont identiques, que l'on fait alterner avec trois refrains, et c'est sur l'un d'entre eux, qui est un peu modifié, pour le coup, que se conclut l'oeuvre. Alors, il faut se remettre dans le contexte de l'époque, puisque ce titre est apparu en 1980 : la période dite des Trente Glorieuses, pendant laquelle le Monde a connu un essor économique idéal (sans interruption de carrière, à partir de la fin de la Seconde Guerre Mondiale), se finissait à peine, et il devait être assez traumatisant, à cette époque,  de ne plus avoir de travail. Compte tenu de ce qui a été dit plus haut, on devine facilement que c'est le milieu de la composition, qui nous fait comprendre ce malaise ("Dans ton désespoir, il reste un peu d'espoir"). Les paroles de début et de fin, quant à elles, insistent sur le caractère gênant des regards extérieurs qui ne permettent plus de sortir "sans ton gilet pare-balles". Cela est fâcheux, dans le sens où celui qui attend une fleur d'un employeur veut simplement - on peut le penser - briser la solitude, dans laquelle, désormais, il est plongé. Mais, pour cela, il est difficile de ne pas avoir recours à des méthodes musclées, digne du harcèlement, pour arriver à ses fins : se rabaisser à ce niveau en dit long sur le niveau de tristesse que l'on a atteint : force est de constater que l'on devient "gênant". Cette réflexion en amène à faire cette morale : après avoir été, pendant des années un bon élément, voilà comment on est remercié - heureusement que cette perception a évolué.

    Etes-vous charmé(e-s) par "Antisocial" et son interprétation ?


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  • Cette chanson est un même récit, dont on nous donne les deux points de vue opposés, puisqu'il s'agit d'une rencontre... houleuse, dirons-nous. Le texte se divise ainsi : 3 refrains alternent avec 3 couplets, dont la structure est sensiblement la même ; d'ailleurs, les 2 premiers ne diffèrent que par quelques paroles. On s'intéresse, dans un premier temps, à trois jeunes amis, qui fêtent leurs 20 ans dans un bistrot populaire, en noyant leurs idées dans la bière. L'atmosphère est bon-enfant, avec les uns et les autres qui se prennent pour des personnages célèbres, ou pas : "Jojo" se prend pour "Voltaire", alors que "Pierre" joue à être Casanova ; "Moi", quant à lui, reste "moi". En effet, ce dernier est trop fier, pour avoir besoin de s'identifier à un autre, et, dans ce cas-là, il lui est beaucoup plus facile d'être crédible, dans le sens où il n'a pas de rôle à jouer, dans lequel il serait susceptible d'être un mauvais imitateur. Bref, la soirée se déroule, jusqu'au moment où trois notaires sortent de l'hôtel voisin. Pour se moquer d'eux, les jeunes gens leur montrent leurs postérieurs, histoire de rigoler, en entamant une courte chansonnette ridiculisant les bourgeois de leur espèce. Ceux-ci, offusqués, se rendent au commissariat pour se plaindre de cette mésaventure. L'histoire ne dit pas si des sanctions sont tombées, mais un si léger attentat à la pudeur a dû bien faire rire le préposé, qui a recueilli le témoignage. L'habitude que l'on prend à éloigner de notre vue toutes sortes de cochonneries par l'argent que l'on consacre à cela fait que, avec le temps, on ne peut plus accepter de voir des spectacles choquants, car cela nous blesse. Du coup, on fait des cas de petits riens qui ponctuent naturellement la vie.

    "Les Bourgeois" est-il un texte qui mérite d'être retenu ?


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  • Voilà une longue chanson bien sympathique ! E s'agit, en effet de 9 couplets bien originaux, dont le seul point commun est cet avertissement final : "Gare au gorille !..." ; dans une moindre mesure, on remarquera, aussi, que chaque se compose de 9 vers, ce qui n'est pas sans rappeler le rythme poétique. Pour respecter les règles d'écriture que l'auteur s'est imposé, celui-ci n'a pas hésité à couper ses phrases de manières assez étrange. On peut dire, donc, que les césures sont posées de manière arbitraire, ce qui pourrait entraver la compréhension, si le chanteur ne s'était pas accompagné que d'une guitare. Au premier abord, on aurait envie de dire que le texte relate un incident qui s'est produit dans un zoo, mais, vu que, dans un deuxième temps, des êtres humains interviennent - non pour contrainte la bête -, il serait inexact de se borner à ce constat des mots. On se dit qu'il y a, très certainement, une métaphore. Et on la découvre bien vite : en effet, le gros singe représente l'animalité, que l'on peut retrouver, parfois, chez l'Homme. Dans le cas présent, le "puissant" mâle est faussement courtisé par une bande de "femelles". En réponse aux sollicitations, il est normal que celui-ci s'approche, ne serait-ce que pour aller voir de quoi il est question. Mais elles, dont le but était de jouer s'enfuient instantanément, quand elles ont compris que le message est passé, comme des moineaux s'envolent quand un passant fonce vers eux. Pour reprendre un terme familier, on dira qu'il s'agit "d'allumer" l'instinct masculin. Puisque toutes se sont enfui, ne reste que ceux qui n'ont rien à faire de l'évènement. Mais, vu que, initialement, il y a eu excitation délibérée, celui qui en est la victime ne peut plus se retenir, et fait un choix qui n'a plus rien de raisonnable. Ainsi, par cette oeuvre musicales, on se moque gentiment du genre humain.

    Pensez-vous qu'il s'agit de la bonne interprétation du "Gorille" ?


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  • Ce texte, qui n'a pas de véritable refrain (si ce n'est "j'aime"), a quelque chose d'un peu pervers, dans le sens où l'on rêve secrètement de percer le mystère de la beauté féminine. Pour définir ce qu'est la sensualité, on peut s'imaginer à la place des éléments ("le vent", "le soleil"...), qui, eux, ne connaissent pas la barrière de l'intimité. En effet, entre êtres humains, il y a des règles de pudeur, qui sont un minimum de décence, à respecter. Les choses de la Nature, comme la lumière, ou l'air, peuvent établir un contact direct avec l'objet du désir masculin. Du coup, elles ont la chance de pouvoir dévoiler l'intimité que ces dames s'offusqueraient de révéler à leurs congénères du sexe opposés. Car, eux, doivent avoir la hantise de ne pas brusquer le libre-arbitre des belles qu'ils veulent ménages ; et, si ces messieurs veulent rester discrets, la seule licence qu'il peuvent se permettre, pour rester discret, est d'utiliser leurs yeux. Dans leur volonté de ne pas se faire remarquer, la force des choses leur donne un coup de pouce ("leurs yeux qui se détournent quand tu les regardes"). Le charme, qui fait que les mâles sont attirés, tient au fait que les créatures pour lesquelles ils sont prêts à vendre leur âme sont pleines de vie : elles aussi ont "le désir de vivre". Reste à savoir où il est préférable de lancer des regards envieux : est-ce vraiment "sur la plage", où le peu de vêtement, et l'émerveillement que provoque un corps dénudé, qu'il faut se rincer l'oeil - il faut reconnaître que la chanson parle de cela ? N'y a-t-il pas plus de diversité et de couleurs quand tout le monde est habillé ?

    Aimeriez-vous voir "J'aime regarder les filles" renaître ?


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